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Budget 2002
14 décembre 2001








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Intervention de Jean-Michel Guérineau à propos du budget 2002.

Monsieur le Maire, chers collègues,

Avant d’aborder le budget 2002, je souhaite saluer comme il se doit la décision de la commission des titres d’ingénieur qui vient de donner cette semaine le feu vert pour le lancement de la nouvelle filière en sciences et technologie de l’information à l’ENSI, autrement dit le lancement effectif de l’Ecole de l’Internet. Moins d’un an après son annonce lors du CIADT de fin 2000, la mise en place de ce projet est donc effective. C’est une grande nouvelle pour Bourges. Alors que dans la dernière période, nous avons inauguré le bâtiment de recherche du Pôle National sur les Risques Industriels à Lahitolle et le Pôle Capteurs et Automatismes au PIPACT, nous constatons le développement des décisions des CIADT de 1998 et 2000, confirmant s’il en était besoin que loin des annonces sans suite dont parlaient certains y compris dans cette enceinte, le travail des députés de la majorité, mon ami Jean-Claude Sandrier et notre collègue Yann Galut était de la plus grande utilité pour Bourges. Ce résultat confirme s’il en était besoin que le développement économique de Bourges se fera autour de ces questions de prévention des risques et du développement des nouvelles technologies, thèmes qu’avec mes amis nous portons depuis de longues années souvent en dépit des sarcasmes de certains. Cet apparté introductif me donne aussi l’occasion de vous interroger, Monsieur le Maire, à propos d’un autre grand projet pour notre ville : je veux parler du CREPS. Là aussi, et de manière souvent politicienne, certains membres de votre majorité n’ont de cesse de dénigrer cette décision obtenue par Jean-Claude Sandrier auprès de la Ministre de la Jeunesse et des Sports et du Président de la Région d’implanter à Bourges, dans les quartiers Nord, le CREPS de la Région Centre. Je voudrais être rassuré ce soir sur la volonté réelle de votre part et de celle de l’ensemble de votre majorité de tout faire pour favoriser la réalisation de cette décision sans retard. Venons-en maintenant concrètement au Budget 2002 qui fait l’objet de cette première délibération. Il s’agit du premier budget de votre second mandat. Et j’ai la curieuse impression d’être revenu 6 ans en arrière. Vous n’aviez alors de cesse de fustiger la gestion de vos prédécesseurs et justifier ainsi (déjà) une hausse substantielle des impôts locaux. Six ans après vous récidivez ! Le problème, c’est que cette fois, les prédécesseurs, c’est vous ! Une nouvelle fois, vous utilisez la tromperie vis à vis des Berruyers. Bien entendu, rien n’a filtré avant les élections ni d’ailleurs, il y a deux mois, lors de l’examen des orientations budgétaires. Vous déclariez même alors dans la presse et au Conseil Municipal "Malgré cela (les contraintes que vous décriviez), nous faisons le choix de ne pas augmenter les impôts". Comme en 1999 lorsque vous aviez décidé d’augmenter de 102% la Taxe des Ordures Ménagères en l’espace de deux mois, vous avez cette fois ci décidé d’augmenter les taux d’imposition de 5%. A moins qu’il ne s’agisse d’imprévoyance et de manque de maîtrise de l’évolution du budget de la ville auxquels je ne peux pas croire, il s’agit bien d’une nouvelle tromperie à l’égard des Berruyers. Monsieur le Maire, je vous le dis avec une certaine solennité, nos concitoyens n’en peuvent plus de cette conception de la vie politique qui consiste à tout promettre et ne rien tenir, qui consiste à cacher les choses avant les élections et toujours faire payer les mêmes après les élections. C’est cette conception qui nourrit le dégoût de la politique. Je suis de ceux qui ne se satisferont jamais de ces pratiques qui représentent un danger pour notre démocratie. Cette tromperie à l’égard des Berruyers, vous l’exercez concernant les impôts mais vous l’utilisez aussi en ce qui concerne la situation des finances de la ville. Lors du dernier Conseil Municipal, à l’occasion du débat sur les orientations budgétaires, si vous n’aviez pas nié un certain nombre de difficultés pour boucler le budget 2002, vous m’aviez répliqué que je noircissais la situation notamment en ne prenant pas les chiffres de la réalité, c’est à dire ceux des Comptes Administratifs de la ville. J’ai écouté vos conseils. Et bien, la situation est pire que ce que j’avais décrit ! Je voudrais simplement citer quelques points suite à l’examen du Compte Administratif 2000 de la ville de Bourges. • Le premier concerne l’encours de la dette. Celui-ci est au 31 décembre 2000 de 813,346 Millions de Francs auxquels il convient d’ajouter à la même date 34,426 Millions de Francs au titre de la ZAC Prado. On atteint donc le chiffre de 11038 Francs par habitant. Ces montants n’ont jamais été atteints à Bourges, ils atteignent un niveau que je qualifie d’alarmant. • Le deuxième a trait à la charge de la dette. Celle-ci s’élève à 189,9 Millions de Francs au Compte Administratif 2000 contre une moyenne de 129 Millions de Francs pour les 4 années précédentes. Cela représente une augmentation de 47,2%. • Le troisième concerne l’épargne disponible. Celle-ci, après être revenue légèrement positive en 1996 et 1997, s’est complètement dégradée depuis pour atteindre, avec -81 Millions de Francs au Compte Administratif 2000, un niveau là aussi jamais atteint et qui est extrèmement préoccupant. • Enfin, ma dernière remarque a trait à l’emprunt. Le montant de celui-ci est de 191 Millions de Francs au Compte Administratif 2000 contre une moyenne de 89,1 Millions de Francs les 4 années précédentes soit une augmentation de 114%. Cette situation a des causes que nous n’avons cessé de mettre en avant depuis plusieurs années. Ces causes s’appellent projets coûteux (voire pour certains luxueux), investissements inconsidérés, fuite en avant financière opérée à coup d’emprunts. De plus les retards pris pour constituer l’agglomération font perdre près de 25 Millions de Francs à Bourges pour 2002. Et je ne compte pas votre politique en matière de cadres municipaux qui aboutit à doubler certains postes qui pèsent sur le budget de fonctionnement de la ville (et pas pour des sommes négligeables). Enfin, il faut bien prévoir les marges nécessaires pour financer certains investissements non programmés comme la patinoire dont je rappelle que le coût estimé aujourd’hui est de 40 Millions de Francs (contre 20 pour le premier projet). Cette situation, elle est de votre responsabilité, elle est le fait de vos choix qui allient démarche électoraliste et manque de prévision. Nous vous disons souvent que vous menez une politique du coup par coup, à l’emporte-pièce ; c’est aussi vrai en matière financière mais à chaque fois ce sont les Berruyers qui en paient les conséquences. Avant de conclure je voudrais dire un mot du budget 2002 que vous nous présentez ce soir. Il est tout de même rare de voir un budget qui réduit ses dépenses d’investissement de 18,5%, qui réduit ses dépenses réelles de fonctionnement de 1,2% et en même temps augmente les taux d’imposition de 5%. S’il y avait besoin d’une confirmation de ce que j’affirmais plus haut sur la situation de la ville, elle est là ! En fait, ce budget 2002, c’est plus d’impôts, moins d’investissements et moins de services publics, moins de services rendus aux Berruyers. Et vous êtes de ceux qui prétendent gérer la France demain ! Plus d’impôts. La conséquence, c’est que Bourges qui était dans les 10 villes de France où l’on payait le moins d’impôts en 1995 s’est retrouvée en milieu de tableau en 2000 avec les hausses de 1996 et 1999 et qu’elle risque de se trouver demain dans celles où on paie le plus. La conséquence, c’est que notre ville risque encore de voir fuir des habitants et ainsi de s’affaiblir. Moins d’investissements et je dirai surtout moins d’investissements utiles socialement. Mes collègues auront l’occasion d’y revenir. Un chiffre seulement : les travaux dans le secteur de la voirie représentent 32% du total, ceux dans les domaines à utilité sociale (sports, jeunesse, enseignement, enfance, culture) 17%. Dans ce domaine des investissements, je me pose d’ailleurs la question s’il existe toujours une programmation pluriannuelle. A la lecture de la délibération sur les demandes d’aide au Conseil Général, on peut se permettre d’en douter. Dans tous les cas, si une telle programmation existe, nous souhaiterions en avoir connaissance. Budget de fonctionnement en baisse. On peut toujours dire, comme vous l’avez fait dans la presse, "les services municipaux se serrent aussi la ceinture". Mais concrètement, c’est d’autre chose qu’il s’agit. Un budget de fonctionnement en baisse, c’est -9% pour les fournitures de petit équipement (les moyens concrets pour le personnel pour travailler), c’est -19% pour l’achat de livres et disques à la médiathèque, c’est -40% pour l’entretien des bâtiments (ce n’est pas de l’économie, c’est une hypothèque sur l’avenir), ce sont des baisses importantes pour les colonies de vacances et les classes de découverte, c’est une stagnation (donc une baisse en Francs constants) pour les subventions aux associations. C’est enfin le choix fait de privatiser davantage comme on va le voir avec la délibération sur le Palais d’Auron, le Parc exposition et Germinal puisqu’à la fois vous étendez les équipements délégués et vous faites le choix de l’affermage qui certes va représenter une économie pour la ville mais va faire peser les coûts sur les utilisateurs et donc fermer encore un peu plus l’accès de ces équipements aux associations berruyères. Bref, c’est bien un budget à la mode libérale, un budget contraint par vos mauvais choix des dernières années et votre fuite en avant financière. Bien entendu, nous ne pouvons l’accepter parce qu’il est l’expression d’une navigation à vue, sans prévision, sans vision claire de l’avenir de notre ville, parce qu’il ne prend pas en compte des besoins criants qui n’attendent pas (besoins sociaux, besoins d’équipement des quartiers notamment) et enfin parce qu’il accroît à nouveau (et de manière insupportable) la pression fiscale sur les Berruyers.

Jean-Michel Guérineau

 
Conseiller municipal de Bourges, Vice-président de la Région Centre Secrétaire de la section de Bourges du PCF